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FDN condamne la classification en tant qu'«organisation terroriste» de l'hébergeur italien Autistici/Inventati par les États-Unis

Publié le 27 août 2026

FDN est signataire de la lettre ouverte de soutien à Autistici/Inventati dont nous reproduisons ci-dessous la traduction en français produite par le collectif des CHATONS.

La lettre originale ainsi que les liens pour sa signature se trouvent sur le site de Sabot Media.

Nous renvoyons à la page de Framasoft pour des liens et informations complémentaires, ainsi qu’au site keepitfree spécialement créé pour documenter cette affaire.

En défense d’Autistici/Inventati et du droit de créer des moyens de communication résistants

Le 26 août 2026, les États-Unis ont classifié le collectif numérique italien Autistici/Inventati comme « Specially Designated Global Terrorist » (Terroristes internationaux) et l’ont ajouté à la liste d’organisations placées sous sanctions états-uniennes appelée « Specially Designated Nationals list », sous l’ordre exécutif 13224. Les organisations états-uniennes en lien avec Autistici/Inventati (banques, fournisseurs…) bénéficient d’une autorisation temporaire de mener à bien les transactions déjà engagées avec A/I avant cette classification. Cette autorisation prend fin le 25 septembre 2026 à 00h01 à l’heure de Washington. Après cette date limite, les relations devront être suspendues, sous peine de sanctions.

Autistici/Inventati héberge depuis 2001 des services en ligne non marchands : email, sites web, listes d’email, la plateforme Noblogs, et autres moyens de communication. L’organisation émerge de hackerspaces italiens, de médias autonomes et de mouvements sociaux. Son infrastructure est construite en réponse à la censure, à la surveillance furtive et aux saisies de serveurs. Elle minimise les données personnelles, utilise des systèmes distribués et traite la confidentialité comme un bien commun nécessaire à la participation politique plutôt que comme un produit.

L’annonce publique des États-Unis pointe des organisations qui sont censées avoir utilisé l’infrastructure d’A/I. Elle ne montre pas qu’A/I a planifié les actions citées, choisi des cibles, dirigé ses utilisateurs et utilisatrices ou créé le contenu hébergé. Cette annonce soulève une question qui va bien plus loin que la question du collectif A/I : est-ce que le fait de maintenir une infrastructure dédiée à des communications confidentielles de mouvements défavorisés, peut lui-même être traité comme du terrorisme ?

Cette théorie met en danger les hébergeurs indépendants, les services de communication chiffrés, les librairies radicales, les archives des mouvements sociaux, les éditeurs et les petits projets bénévoles, partout dans le monde. Elle encourage les banques, les bureaux d’enregistrement de noms de domaine, les entreprises d’hébergement et les fournisseurs d’accès à Internet à couper tout accord immédiatement, et à poser les questions juridiques ensuite. Elle transforme la minimisation de la collecte des données en quelque chose de suspect, la confidentialité en dissimulation, et l’infrastructure en culpabilité par association.

Les grandes plateformes numériques commerciales sont habituellement distinguées du discours et du comportement de leurs utilisateurs et utilisatrices par un principe de responsabilité limitée, en tant qu’intermédiaires. Ces protections ne sont pas absolues et ne permettent pas de déroger à la loi sur les sanctions. C’est précisément pour cela que cette annonce est si lourde de conséquences : le pouvoir de sanction de l’exécutif états-unien peut imposer un isolement économique sans qu’un tribunal ait jugé si un hébergeur est légalement responsable du contenu tiers.

Autistici/Inventati n’est pas neutre politiquement, tout comme les bibliothèques, syndicats, hébergeurs et associations de défense des libertés individuelles qui pourraient signer cette lettre. Mais l’affinité politique est distincte d’un contrôle opérationnel. Fournir un compte d’email, une plateforme de publication ou un serveur n’est pas la même chose que de planifier tout ce qu’un utilisateur ou une utilisatrice pourrait ensuite faire ou dire.

Nous appelons donc à :

La révocation immédiate de cette classification, ou son réexamen rapide et transparent, accompagné de la publication de la base factuelle et légale sur laquelle s’appuie cette décision. Cette transparence doit être suffisante pour une analyse et une contestation publiques.

Une distinction claire entre la fourniture d’infrastructure de communication et la direction des agissements de ses utilisateurs et utilisatrices.

La confidentialité, le chiffrement, le pseudonymat et le refus de conserver des données identifiantes ne doivent pas être traités comme des preuves d’activité ou d’intention terroriste.

Une protection pour l’investigation, la recherche, l’archivage et le plaidoyer indépendants.

Les journalistes, les bibliothèques, les chercheurs et chercheuses et les archivistes communautaires devraient être en capacité de documenter cette affaire sans être traités comme des parties intégrantes de l’entité classifiée.

La résistance des institutions aux excès de zèle.

Les banques, les bureaux d’enregistrement, les hébergeurs, les fournisseurs de certifications et les entreprises des NTIC devraient rendre publiques les restrictions auxquelles elles sont soumises, notifier leurs contraintes légales chaque fois que c’est permis, et éviter de détruire de l’information ou des relations au-delà de ce que la loi requiert réellement.

Une réponse publique de la part des institutions qui défendent les libertés numériques, la liberté d’expression et les libertés individuelles.

Garder le silence, ce serait permettre la création d’un précédent sur le ciblage des infrastructures autonomes.

Nous n’attendons pas de chaque signataire qu’il ou elle cautionne toute publication ou position politique d’A/I, ou de ses utilisateurs et utilisatrices. Nous attendons des signataires qu’ils et elles défendent une distinction structurelle : l’infrastructure de communication n’est pas la même chose que les discours ou agissements qui transitent à travers elle.

Le but de la classification économique, c’est l’isolement. Notre réponse est une solidarité indépendante, informée et disciplinée. Nous voulons préserver les archives publiques, analyser les allégations du gouvernement états-unien, résister aux excès de zèle et défendre la capacité des mouvements à communiquer sans se soumettre à la surveillance des entreprises ou des États.

FDN était au Camp CHATONS à la mi-août 😺 pour la rencontre annuelle de la FFDN

Publié le 27 août 2026

Cette année, le Camp CHATONS s’est tenu dans une auberge de jeunesse près de Troyes du 13 au 17 août, on pouvait camper ou dormir en dortoir et une personne spécialement engagée pour ça nous a mitonné des bons plats vegan tout au long du séjour.

Un groupe de personnes a assuré l’organisation en amont (trouver le lieu, définir les coûts, gérer les inscriptions etc.), une personne a été invitée spécifiquement pour aider l’orga des ateliers sur place, les gens mettaient leurs propositions d’ateliers sur des post-it et on essayait de les répartir au mieux, avec finalisation lors des assemblées générales en début de chaque après-midi et possibilité d’«ateliers pirates» pour celleux qui se décidaient en dehors des clous (parce que forcément, c’est plus fun). Globalement, les décisions étaient prises en assemblée générale avec réunions du groupe d’orga en amont pour aider à fluidifier le tout et préparer les différentes annonces. Ce groupe d’orga change chaque année et est composé de volontaires. Et pas mal de choses ont été organisées directement par les participant·es en mode auto-orga, une fois sur place !

Différents groupes se sont croisés à cette occasion : en plus des membres des CHATONS il y avait également des membres du collectif interhack, de Yunohost et de la Fédération FDN, ce qui a permis pas mal d’échanges. On a entre autres discuté du projet SM2TP, ce qui a permis de le relancer avec de nouvelles énergies. Et de la base de données des FAI participatifs dont le code pourrait servir à cartographier également les CHATONS. Mais surtout, on s’est retrouvé·es physiquement, on a partagé des moments informels autour d’une bière ou d’une infusion citron-gingembre, sur l’herbe sous les bananiers ou sous les tilleuls et ça, ce sont des moments précieux qui redonnent beaucoup d’énergie bénévole !

Pour un reportage photo, voir celui de nos copaines d’Infini.

Côté FFDN, on a profité de l’occasion pour organiser notre rencontre annuelle : une réunion formelle le samedi après-midi où on a tiré au sort les déclaré·es puni·es à la préfecture et profité pour prendre des nouvelles les un·es des autres. Et tout le week-end, des ateliers adminsys et communication, avec entre autres la mise à jour de la carte de la Fédération FDN, une reprise et amélioration de la Cartographie des FAI participatifs et des discussions autour du projet SM2TP avec nos copaines des CHATONS.

Le tout dans la joie et la bonne humeur, vivement la prochaine rencontre <3

FDN sera présente à la Grande Braderie de Lille dimanche 6 septembre !

Publié le 27 août 2026

Pour la seconde année consécutive, FDN tiendra un bout de stand aux côtés des copaines de Chtinux sur la place du Vieux Marché aux Chevaux, devant le Café Citoyen.

C’est un endroit normalement pas trop bondé où on pourra s’amuser à jeter littéralement Windows par la fenêtre ou à dégommer des techbros fachos !

Au plaisir de vous y retrouver :-)

FDN souffle son quatrième chiffre pour sa 34ᵉ bougie !

Publié le 27 juin 2026

Le cap des 1 000 membres vient d’être franchi chez FDN !

Lorsque l’idée de la Fédération FDN a émergé vers 2009-2010, c’était parce qu’on trouvait à l’époque que 300, c’était déjà trop gros. L’idée en effet n’a jamais été de grossir démesurément mais au contraire de favoriser l’essaimage, la création de tout plein d’autres FAI associatifs partageant nos valeurs, de faire tache d’huile.

Depuis, une trentaine de FAI ont vu le jour, certains ont ensuite décidé d’arrêter l’aventure, d’autres ont continué à se développer. C’est ainsi que FDN a fini par dépasser sa 1 000ᵉ personne membre, tout en continuant à prioriser l’Internet à échelle humaine et une informatique émancipatrice aux côtés des autres membres de la Fédération.

À noter qu’outre les services Internet classiques (ADSL/VDSL, FTTH, VPN, wi-fi), nombreux sont les services proposés qui permettent de fournir des alternatives aux GAFAM.

FDN propose par exemple du mail depuis ses débuts (1992 !) ou presque, et participe à la campagne déMAILnagement ; à la dernière AG, nous avons poussé le bouchon encore un peu plus loin en décidant de ne plus restreindre les boîtes mail — offertes — à une par personne membre. Nous offrons également à nos membres des sous-domaines de fdn.fr et à nos abonné·e·s tout un tas de services favorisant l’auto-hébergement ou l’hébergement mutualisé.

Les différents tarifs proposés par FDN pour ses services, ceux qui engendrent des coûts pour l’association, sont adaptés en fonction des situations des adhérent·es, afin de garantir un accès le plus large possible à un Internet neutre et respectueux des libertés individuelles (Le vrai Internet, quoi !).

Entre autres prises de positions politiques, FDN est signataire du manifeste Hiatus dénonçant le déploiement généralisé de l’« intelligence artificielle » (« IA »), l’inféodation des politiques publiques à l’industrie de la tech, ainsi que les coûts humains et environnementaux des techniques associées à l’« IA ».

Nous nous reconnaissons dans le manifeste de la Fédération FDN que certain·e·s de nos membres ont contribué à écrire et dont le TL;DR est

  • Nous promouvons un Internet neutre, acentré, résilient, inclusif, accessible et non discriminatoire, dont les structures sont à échelle humaine.
  • Nous rejetons l’utilisation du numérique à des fins de surveillance ou de répression des libertés publiques.
  • Nous promouvons l’interopérabilité des équipements et services numériques.
  • Nous promouvons les communs numériques, les logiciels libres et les standards ouverts.
  • Nous promouvons le partage et la diffusion des connaissances, pour une émancipation des personnes.
  • Nous promouvons une utilisation sobre du numérique ainsi que des équipements durables et réparables.

Alors si vous aussi, vous partagez ces valeurs, n’hésitez pas à nous rejoindre ou à rejoindre l’un des autres FAI de notre belle Fédération, de préférence celui de votre région, s’il en existe un et que les services proposés vous correspondent !

À noter que FDN est une association loi 1901 : nous ne cherchons pas à gagner de l’argent mais à rendre des services au prix le plus juste possible, c’est-à-dire celui qui nous permet de continuer à exister en renouvelant nos machines et payant nos fournisseurs de collecte, et qui correspond aux possibilités de contributions financières de chacun·e. D’autre part, les personnes qui font tourner l’asso sont toustes bénévoles : merci de vous adresser à elles avec respect et n’hésitez pas à participer vous aussi, c’est un excellent moyen d’apprendre de nouvelles choses et de monter en compétences !

Conférence et stand FDN/FFDN aux JDLL 2026

Publié le 26 juin 2026

FDN était une nouvelle fois présente aux Journées du Logiciel Libre cette année, avec un stand sur tout le week-end et une conférence pour présenter l’asso en rappelant son histoire et les enjeux liés à Internet.

La vidéo est visionnable sur l’instance PeerTube des JDLL ainsi que sur celle de FDN et pour celleux qui préfèrent lire ou souhaitent retrouver rapidement une info, le verbatim avec les slides se trouve par ici.

<3 sur les bénévoles des JDLL sans qui cette superbe édition n’aurait pas pu avoir lieu !

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